Sur un écran ou sous vos yeux.

Dans notre société moderne, surchargée d’images, nous oublions parfois que la magie derrière une caméra n’a rien à voir avec la magie pratiquée sous nos yeux. Nous sommes habitués aux films et séries truffés d’effets spéciaux, pourtant nous considérons un tour de magie en vidéo comme un tour réalisé devant soi. Certains magiciens modernes abusent des techniques de montage, des trucages vidéos et du public « complice » (par exemple Criss Angel pour ne pas le citer), personnellement je crois que cela ne rend pas service à la magie dans son ensemble, mais je préfère m’attarder sur ce qui me plait plutôt que de me plaindre de ce que je n’aime pas !
Il existe différents types de magie, de la grande illusion à la magie de proximité (close-up). En cartomagie, le domaine le plus visuel pouvant être pratiqué sur une scène sans dispositif particulier (caméra / écran) est la production de cartes. J’imagine que tout le monde a déjà vu une performance d’un magicien dans laquelle des cartes semblent sortir de ses mains alors qu’il s’en débarrasse régulièrement, sinon jetez donc un coup d’œil à l’un des précurseurs, le virtuose Cardini :

Si vous avez déjà du mal à ne pas faire tomber des cartes lors d’un éventail, imaginer la difficulté de ces manipulations avec des gants !

En comité plus restreint que la scène, il y a ce que l’on nomme la magie de salon, le magicien est plus proche des spectateurs, il peut interagir avec eux et l’environnement est plus ou moins contrôlé (dans le sens où il n’y a pas de public dans le dos du magicien !). Cette magie est particulièrement agréable, le public étant ici pour être émerveillé (comme pour la scène), il est plus réceptif, tout en étant plus proche.  Ensuite nous trouvons la magie de proximité, le magicien est directement en contact avec le public, la magie peut se passer dans les mains du spectateur pour des effets inoubliables. C’est ce genre de magie que vous verrez dans les lieux magiques parisiens comme le théâtre du « double fond » de D. duvivier. La magie de salon inclut souvent des effets de micromagie (autre nom de la magie de proximité) ; les magiciens pratiquant la magie de table à table (strolling) dans des restaurants ou des réceptions pratiquent aussi de la magie de proximité (David Stone par exemple). Enfin, des magiciens comme D. Blaine ont re-popularisé grâce à la caméra la forme la plus ancienne de magie,  la magie de rue. Du magicien grimpant à une corde au bonimenteur arnaquant les passants avec un jeu des coquillages (Shell game, ancêtre des cups and ball) ou un bonneteau (trouver la carte rouge au milieu de deux cartes noires), la magie de rue est la première forme de magie. Dans la magie de rue, le public n’est pas venu voir un magicien, c’est le magicien qui s’impose à lui, cela a des avantages et des inconvénients : il est possible d’obtenir des réactions extraordinaires avec des tours très simples, mais aussi de se retrouver face à des gens refusant catégoriquement de se laisser entraîner dans un univers « magique ».

On ne fait pas de grandes illusions en cartomagie, même avec des cartes extra-Jumbo ! Pour des exemples de grandes illusions, David Copperfield est sans doute le premier nom qui vient à l’esprit (mais je n’oublie pas Siegfried & Roy ou Hans Klok). Ce genre de tour repose sur une mise en scène précise et complexe (fumé, lumière), souvent avec du matériel sophistiqué et couteux, par exemple pour les voleries (flying, effet consistant à voler dans les airs ou faire léviter des objets énormes) :
http://www.youtube.com/watch?v=wChk5nY3Kzg

La meilleure magie repose souvent sur une technique très simple (en apparence);  le détournement d’attention (misdirection), la caméra transforme cela, un bon magicien force le spectateur à regarder ce qu’il lui montre pour faire ses mouvements « secrets », mais une caméra n’est pas un œil, et on peut toujours revenir en arrière et regarder une seconde fois une vidéo pour comprendre les manipulations. Malgré tout, certaines routines ou effets rendent particulièrement bien face à une caméra, certains sont même réalisables quasi uniquement grâce à l’angle de vision fixe de la caméra (je pense entre autres à certaines transformations visuelles de cartes (Color change) qui en réalité ne sont faisables que face à un ou deux spectateurs, et donc souvent inutilisables en situation réelle dans la rue).

Pour finir cet article sur les différents types de magie, j’aimerais partager mes routines préférées de la version « magicien » du jeu des coquillages ; ce jeu est considéré comme le plus ancien tour de magie. Ce n’est pas de la cartomagie, mais ces routines sont magnifiques, ce ne sont que des variations autour du même thème, mais la maîtrise et l’originalité de ces routines me fascine toujours autant, sans plus tarder et sans ordre particulier, voici quatre de mes routines de cups and balls préférées :

Ricky Jay :
classicisme et perfection des mouvements:

Yann Frisch :
Moderne, déjantée, loufoque et comique :

Penn and Teller :
Classique, mais avec un twist typique de P&T.

Jason Latimer :
Néo-classique ou la tradition revisité.

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