Entraînement ; méthode et état d’esprit.

« … Même lorsque vous retournez simplement une carte face en haut sur le jeu : cela suffira déjà à vous distinguer du troupeau des autres soi-disant cartomanes. » Giobbi, cours de cartomagie

Ascanio cite trois facteurs indispensables pour devenir un bon cartomagicien : l’entraînement, la réflexion et l’amour de ce que l’on fait. Si vous vous entraînez à contrecœur, vous progresserez beaucoup plus lentement et difficilement. Choisissez quelques techniques et consacrez le temps qu’il faut pour les maîtriser parfaitement. La taille de vos mains, la souplesse de vos doigts ou votre type de peau ne sont que des excuses et des blocages psychologiques, aucune technique n’est impossible, mais il est indispensable de vouloir vraiment apprendre pour réussir.

N'abandonnez pas !

N’abandonnez pas !

Il existe plusieurs manières d’organiser ses séances d’entrainement, quantitativement et qualitativement. Personnellement, j’ai de meilleurs résultats (dans le sens progrès plus rapides) en travaillant uniquement deux ou trois mouvements durant une semaine, deux ou trois autres la semaine suivante, pour ensuite revenir aux mouvements de la première semaine et ainsi de suite. Je parle ici uniquement du travail d’apprentissage et de perfectionnement de technique particulière et non pas de répétition de routine.
Si je m’assois à ma table pour pratiquer, je ne répète pas un mouvement de manière automatique, je réfléchis à ce que je veux accomplir, un certain niveau de concentration est indispensable pour que l’entrainement soit réellement profitable, mais il ne faut pas non plus être trop concentré ni se crisper. Si vous sentez que vous bloquez après quelques minutes sur le même mouvement, faites une pause, relisez les descriptions, ou passez sur autre chose pour y revenir un peu plus tard. Pour ce qui est de la quantité de travail, je ne pense pas que l’on puisse « trop » travailler un mouvement. Il est inutile de continuer jusqu’à ce que vous ayez les mains en feu, mais si vous ne vous êtes jamais entraîné jusqu’à avoir les mains douloureuses, vous ne vous êtes probablement jamais entraîné assez sérieusement.

Je ne pratique pas les arts martiaux, mais de ce que j’ai lu et entendu, cet état où l’on est concentré et relaxé simultanément est idéal pour l’apprentissage. (Si vous vous intéressez au sujet, lisez l’excellent livre de Josh Waitzkin, prodige des échecs (grand maître à seize ans) puis champion du monde de Tai-chi de combat ou poussée de main : L’art d’apprendre )

La précision doit être prioritaire, ensuite vient la rapidité. Quand vous pratiquez un nouveau mouvement, faites-le lentement, avec une attention particulière aux détails, il est beaucoup plus difficile de corriger un mauvais mouvement que de l’apprendre correctement dès le départ. Notez les positions exactes des doigts, la synchronisation, travaillez les muscles de vos mains, vous ne devez plus avoir aucun problème psychomoteur pour commencer à consacrer du temps à votre rythme d’exécution.

Lorsque vous commencez à travailler le rythme d’un mouvement, l’utilisation d’un métronome peut vous faire gagner énormément de temps, Juan tamariz dans son livre Sonata et durant plusieurs conférences insiste par exemple sur l’entraînement à différents tempos pour des comptages de cartes, essayez, vous serez surpris des résultats.

Les moyens techniques pour filmer une séance d’entraînement sont de nos jours extrêmement accessibles, il serait dommage de ne pas en profiter. Filmez-vous en train de pratiquer des mouvements, observez votre langage corporel lorsque vous effectuez une technique qui est sensée être discrète, regardez si vos bras se crispent ou votre regard se fige, si vous changez de rythme de manière incongrue lors de l’exécution d’une technique. Recherchez la fluidité, le naturel.
Par exemple si vous travaillez votre préparation pour une levée double couverte par l’action d’égaliser le paquet de cartes, filmez-vous en train d’égaliser le paquet sans la préparation à la levée double, plusieurs fois, puis avec la préparation, comparez vos mouvements et vos attitudes, le mouvement secret doit paraître identique en tout point au mouvement naturel.

Pour finir, je voudrais citer la préface de Royal road to card magic (Jean Hugard & Frederick Braue):

Il n’y a aucun intérêt à connaître les secrets d’une centaine de tours, il est, et de loin, plus intéressant de connaître seulement quelques tours et d’être capable de les présenter avec style, compétence et grâce.

D’autres articles sur l’entraînement, notamment sur la mémorisation et perfectionnement d’une routine viendront compléter ces conseils.

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