Techniques de base : les contrôles.

Le pouvoir sans contrôle rend fou. (Alain)
La confiance n’exclut par le contrôle (Lénine)
J’ai un contrôle de math lundi (mon neveu)

éventail de carte

Éventail sur table

Effectuer un contrôle, une expression regroupant une infinité de techniques, et un mot utilisé dans beaucoup trop d’expressions. En cartomagie, un contrôle consiste à déplacer une ou plusieurs cartes vers un endroit déterminé, usuellement le dessus ou le dessous du paquet, mais vous pouvez aussi vouloir pour certaines manipulations contrôler une carte en troisième position à partir du dessus, ou tout autre emplacement précis dans un paquet. Il existe bien trop de méthodes de contrôle des cartes pour les aborder toutes dans cet article, mais je vais répertorier les plus classiques ainsi que mes favorites.

Il n’est pas indispensable de connaitre tous les contrôles possibles, mais il est crucial de choisir le contrôle le plus adapté à la routine, c’est-à-dire celui qui s’intègre le mieux avec le reste des mouvements, conservant la fluidité et la logique de l’ensemble. De nombreux contrôles nécessitent de maintenir / prendre une brisure, par exemple au moment où l’on replace une carte choisie par le spectateur dans le paquet. Je parlerai donc aussi en introduction de quelques méthodes permettant de prendre une brisure au moment voulu. Je vous invite à lire l’article sur le sujet si vous ne l’avez pas déjà fait. (Vraiment, vous devriez !)

Avant propos : Un contrôle peut se résumer à faire un saut de coupe, ou simplement une succession de mélanges français, la technique en elle-même peut varier mais au final l’action est toujours de contrôler une (ou plusieurs) carte(s). Certains contrôles sont difficiles à réaliser, d’autres bien plus simples, mais souvent plus longs et moins discrets. On différencie les contrôles des mises en ordre de donne (stacking) qui sont utilisées dans les routines de triches par exemple. Les mises en ordre consistent le plus souvent à espacer de manière régulière une main prédéfinie (un nombre X de carte)  de manière à les obtenir à la suite d’une distribution classique (par exemple, si je veux obtenir les quatre As, et qu’il y a 6 joueurs a la table, je place 5 cartes entre chaque As). Lire la suite

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Technique de base : Le glissement

Le glissement (glide) est un mouvement très simple et extrêmement pratique puisqu’il permet par exemple, de contrôler directement une sélection faite par un spectateur, d’effectuer un forçage (force), un remplacement (switch) ou encore d’être utilisé pour avoir un aperçu d’une carte (glimpse), tout ça avec un seule technique ! Elle est tellement simple que beaucoup de cartomanes oublient de l’utiliser et ont recourt à des méthodes plus difficiles pour obtenir le même résultat.

Le principe de base du glissement est, comme son nom le laisse supposer, de faire glisser une carte à l’insu des spectateurs. Une particularité de ce mouvement est qu’il s’utilise en position de la donne avec le paquet à l’envers et une rotation à 180° du poignet (wrist kill), ou en position de la coupe fermée/couverte (closed end/Biddle grip), sur les cartes du dessous du paquet. Deux points qui expliquent en partie la sous-utilisation du mouvement, ce n’est pas courant de distribuer à partir du dessous du paquet et la position de maintien du paquet pour effectuer le mouvement est inhabituel. Pourtant, la facilité du mouvement et ce qu’il rend possible devrait nous motiver à inventer des routines originales dans lesquelles le boniment et l’enchainement des mouvements justifieraient logiquement cette action.
Si on réfléchit au mouvement d’une manière pragmatique, un glissement effectué sur le dessus du paquet existe, il s’agit de la donne en second (second deal) un mouvement qui lui, nécessite beaucoup de pratique pour être invisible. Le glissement est le même mouvement, mais en dessous du paquet, donc naturellement discret.

Glissement en main gauche (position de la donne, main retournée) :

Glissement en position de la donne : la carte est décalé avec les dernières phalanges

Glissement en position de la donne : la carte est décalée avec les dernières phalanges pendant le retournement.

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Échauffements et exercices de coordination et de musculation des doigts / mains.

« Une des clés du succès est la confiance en soi. Une des clés de la confiance en soi est la préparation. »
Arthur Ashe  (1943-1993) Champion de tennis.

J’ai déjà succinctement abordé le sujet dans l’article « matériel d’entraînement et conseils pratiques« , pour compléter, voici une courte vidéo compilant une série d’exercices d’échauffement, de coordination et de musculation des mains. J’ai laissé de coté les massages des mains, mais ils ne sont pas à négliger pour autant, avant ou après une séance d’entrainement, quel que soit votre age, il vous permettront de détendre vos mains après des heures de pratique.

Couper avec style, aucun rapport avec mon costume.

Quoi ! Un article sur les coupes ?  Tout le monde est capable de séparer un paquet en deux, je ne vois vraiment pas de quoi tu vas parler ici !
Je dois le reconnaitre, couper un paquet de manière classique n’a rien de compliqué, mais un manipulateur de cartes se doit de réfléchir et choisir avec attention chacun de ses mouvements, de sorte qu’ils s’intègrent harmonieusement avec le reste de sa présentation, que ce soit le plus propre, fluide et naturel possible, ou pourquoi pas exactement l’inverse, un apparent chaos. Il y a plus de types de coupes que de paquets de cartes, chaque jour de nouvelles versions sont créées, il est totalement inutile de les connaitre toutes, mais un petit tour d’horizon du domaine et des plus connues ne me semble pas superflu. Il existe d’ailleurs un domaine annexe à la cartomagie entièrement dédié aux différentes coupes et aux fioritures réalisables avec un paquet de cartes (ou plusieurs !).
Je ne pratique pas vraiment ce que l’on appelle la manipulation extrême de cartes (Cardistry ou XCM), je me garderai bien de vous donner des conseils dans le domaine, je regarde avec admiration les experts, tout en réalisant qu’il s’agit plus d’une démonstration de dextérité que de magie. Cette discipline peut même devenir artistique et esthétique quand les mouvements sont maitrisés à la perfection, mais il s’agit de jonglerie (je ne dis pas cela de manière péjorative) bien plus que de cartomagie. Il n’y a pas le côté « merveilleux » de ce qu’on appelle la magie (j’utilise ici le mot merveilleux dans son sens originel : surnaturel, inexplicable et non pas l’adjectif). Quoi qu’il en soit, certains mouvements de XCM peuvent être intéressants pour présenter une carte choisie ou bien « produire » les quatre As que vous allez utiliser dans votre prochain tour ; de plus, la pratique de ces mouvements augmentera considérablement votre dextérité avec un paquet de cartes, de fait rien n’est perdu ! Si cette discipline vous intéresse, jetez un œil, par exemple, au canal de Virtuoso (thevirts sur Youtube).

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Entraînement ; méthode et état d’esprit.

« … Même lorsque vous retournez simplement une carte face en haut sur le jeu : cela suffira déjà à vous distinguer du troupeau des autres soi-disant cartomanes. » Giobbi, cours de cartomagie

Ascanio cite trois facteurs indispensables pour devenir un bon cartomagicien : l’entraînement, la réflexion et l’amour de ce que l’on fait. Si vous vous entraînez à contrecœur, vous progresserez beaucoup plus lentement et difficilement. Choisissez quelques techniques et consacrez le temps qu’il faut pour les maîtriser parfaitement. La taille de vos mains, la souplesse de vos doigts ou votre type de peau ne sont que des excuses et des blocages psychologiques, aucune technique n’est impossible, mais il est indispensable de vouloir vraiment apprendre pour réussir.

N'abandonnez pas !

N’abandonnez pas !

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Matériel d’entraînement et conseils pratiques.

Avec quoi, où, et comment s’entraîner ?

Je ne répéterai jamais assez l’importance de la pratique et de l’entraînement. J’ai cité Dai Vernon au sujet de l’entraînement dans l’article « Un peu d’ordre dans les mélanges« , je vais citer aujourd’hui Harry Lorayne (il parle dans ce cas précis du mélange Faro, mais cela peut s’appliquer à tous les mouvements un peu compliqués) :

« Vous devez vous entraîner jusqu’au point où vous serez prêt à abandonner. C’est seulement là que vous réussirez. »

cartes

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C’est bien joli tout ça, mais la pratique, ça prend du temps, c’est fatigant, et il faut avoir son matériel avec soi… C’est bien vrai, la pratique prend du temps, mais l’avantage de la cartomagie, c’est que le matériel indispensable pour s’entraîner consiste principalement en un paquet de cartes, que vous pouvez avoir continuellement sur vous. Ce ne sont pas les conditions idéales, mais pratiquer quelques minutes pendant un trajet en métro, en regardant un film ou dans une salle d’attente chaque jour vous amènera déjà à un niveau correct. Lire la suite