Distribution et projection de cartes.

Un petit point rapide sur la distribution et la « projection » de cartes. Autant la distribution est simple avec quelques subtilités souvent mises à profit dans les tours automatiques ou mathématiques, autant les techniques de projection de cartes sont variées et vont du basique aux mouvements vraiment difficiles à maîtriser. (Des mouvements qui nécessitent un coup de main que l’on ne peut acquérir qu’avec de la pratique; « nacky move » en anglais.)

La distribution de cartes, ou donne :

La donne standard (standard deal) est simplement le fait de prendre les carte une à une du dessus du paquet et de les poser sur la table, soit devant les participants pour un jeu de cartes, soit en pile unique pour certaines routines mathématiques, sachant que distribuer entièrement un paquet en une pile inverse l’ordre des cartes. Par exemple, si l’on connait la première carte du paquet, imaginons l’As de pique, on sait qu’en distribuant 9 cartes et en les replaçant ensuite sur le dessus du paquet on peut épeler le nom de la carte en question pour tomber dessus sur la dernière lettre (car « as de pique » s’épelle en 9 lettres). Il s’agit d’un principe extrêmement simple utilisé dans de nombreuses routines automatiques.

La donne face visible (Stud deal, du nom d’un type de poker dans lequel les cartes sont en majorité distribuées aux joueurs faces visibles) La donne face visible conserve l’ordre des cartes quand on les remet sur le dessus du paquet face cachée. Cela aussi peut être utilisé pour montrer des cartes sans changer l’ordre d’un bloc préparé à l’avance.

La donne en bloc (Group deal) consiste à séparer d’un mouvement des blocs de cartes plutôt que des cartes une à une. C’est en quelque sorte une coupe multiple, et si l’on replace les blocs dans l’ordre, c’est une fausse coupe.  Par exemple, une donne en bloc face visible, réalisée de manière brouillonne peut sembler mélanger les cartes alors qu’elles restent exactement dans le même ordre.

(vidéo en fin d’article) Lire la suite

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Couper avec style, aucun rapport avec mon costume.

Quoi ! Un article sur les coupes ?  Tout le monde est capable de séparer un paquet en deux, je ne vois vraiment pas de quoi tu vas parler ici !
Je dois le reconnaitre, couper un paquet de manière classique n’a rien de compliqué, mais un manipulateur de cartes se doit de réfléchir et choisir avec attention chacun de ses mouvements, de sorte qu’ils s’intègrent harmonieusement avec le reste de sa présentation, que ce soit le plus propre, fluide et naturel possible, ou pourquoi pas exactement l’inverse, un apparent chaos. Il y a plus de types de coupes que de paquets de cartes, chaque jour de nouvelles versions sont créées, il est totalement inutile de les connaitre toutes, mais un petit tour d’horizon du domaine et des plus connues ne me semble pas superflu. Il existe d’ailleurs un domaine annexe à la cartomagie entièrement dédié aux différentes coupes et aux fioritures réalisables avec un paquet de cartes (ou plusieurs !).
Je ne pratique pas vraiment ce que l’on appelle la manipulation extrême de cartes (Cardistry ou XCM), je me garderai bien de vous donner des conseils dans le domaine, je regarde avec admiration les experts, tout en réalisant qu’il s’agit plus d’une démonstration de dextérité que de magie. Cette discipline peut même devenir artistique et esthétique quand les mouvements sont maitrisés à la perfection, mais il s’agit de jonglerie (je ne dis pas cela de manière péjorative) bien plus que de cartomagie. Il n’y a pas le côté « merveilleux » de ce qu’on appelle la magie (j’utilise ici le mot merveilleux dans son sens originel : surnaturel, inexplicable et non pas l’adjectif). Quoi qu’il en soit, certains mouvements de XCM peuvent être intéressants pour présenter une carte choisie ou bien « produire » les quatre As que vous allez utiliser dans votre prochain tour ; de plus, la pratique de ces mouvements augmentera considérablement votre dextérité avec un paquet de cartes, de fait rien n’est perdu ! Si cette discipline vous intéresse, jetez un œil, par exemple, au canal de Virtuoso (thevirts sur Youtube).

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Un peu d’ordre dans les mélanges.

Il s’agit certainement du premier article que j’ai eu envie d’écrire ; je ne supportais plus de voir des vidéos expliquant des mélanges de manière faussée, incomplète, ou tout simplement pas didactique du tout. Il existe bien sûr quelques rares sources de qualité, principalement en anglais ; les sites francophones parlant de cartomagie ont des vidéos allant du « n’importe quoi » à « incomplet et pas clair ». Je ne prétends pas avoir vu toutes les vidéos sur le sujet, mais ce que j’ai pu trouver m’a motivé pour écrire et réaliser des vidéos pour tenter d’apprendre correctement au public francophone les différents mélanges et leurs utilisations.

retournement d'un ruban de carte

retournement d’un ruban de cartes

« Vous devez comprendre parfaitement ce que vous essayez d’accomplir avant de vous entraîner. L’entraînement doit être un plaisir ou vous ne n’arriverez jamais à la perfection. Quand vous vous entraînez, réfléchissez. Essayez de comprendre la raison d’être de chaque mouvement. Sinon vous deviendrez un singe, et il y en a déjà beaucoup trop parmi les magiciens. »   Dai Vernon. (citation traduite de « Royal road to card magic » de J. Hugard & F. Braue.)

Une seconde remarque avant de commencer ; si vous avez l’intention d’apprendre réellement, il ne faut pas avoir peur de pratiquer, de s’entraîner, encore et encore (Article sur l’entrainement ici).  Le principal défaut des vidéos que l’on trouve sur Youtube, c’est le manque de pratique du démonstrateur. Et ce n’est pas une question d’âge, on raconte que Dai Vernon avait entièrement maîtrisé « expert at the card table » à l’âge de 13 ans, c’est une question d’entrainement.  Il faut se souvenir qu’un maître dans quelque discipline que ce soit a échoué beaucoup plus de fois qu’un novice n’a essayé ; ce qui est vrai pour le potier ou le maître d’arts martiaux est aussi vrai pour la manipulation des cartes. Le magicien Ricky Jay  raconte avoir passé (et passer encore) plusieurs heures par jour à travailler ses techniques de cartes, et cela durant des années avant de montrer un mouvement à qui que ce soit ; c’est la bonne démarche pour devenir un professionnel. (Ce n’est pas forcément votre but, mais répéter encore et encore des mouvements vous permettra d’acquérir l’aisance indispensable pour les réaliser en situation.)

Ne sous-estimez pas l’importance du mélange. Oui, mélanger les cartes est un mouvement « de base », mais quel que soit l’effet magique que vous recherchez, le fait que les cartes soient bien mélangées est la condition de départ indispensable pour émerveiller les spectateurs. Si vous réalisez un tour sans mélanger les cartes au préalable, ils suspecteront immédiatement une préparation « en coulisse ».  Maîtriser totalement et parfaitement un mélange et les contrôles de cartes associés à ce mélange devrait être le premier objectif de n’importe quel aspirant magicien. Les novices ont tendance à se précipiter vers des techniques plus avancées sans prendre le temps de pleinement acquérir les subtilités du mélange le plus basique mais aussi le plus complet du point de vue de ses possibilités : le mélange français (overhand shuffle)

Il existe beaucoup de mélanges, des vrais, des faux, des illusions de mélanges, des mélanges conçus comme des gags ou uniquement pour leurs aspects visuels. Je vais ici principalement m’intéresser aux vrais mélanges, ainsi qu’aux mélanges fioritures les plus célèbres (ceux conçus pour l’esthétisme plus que pour l’efficacité) et même parler de la routine de mélange des croupiers de poker dans un casino, comme exemple de séquence de mélange « non-falsifiable ». Je me pencherai sur les faux mélanges plus tard, pour beaucoup ils requièrent de connaitre et maîtriser d’autres techniques de base que nous verrons bientôt (brisure, décalage, etc..) et l’article qui suit est déjà bien trop long sans aborder tout cela. Lire la suite

Les bases : tenir un paquet de carte en main.

Les différentes positions de maintien du paquet.
Cet article est la suite de l’article « un paquet de cartes, deux mains. » On va ici référencer les différentes positions et apprendre à tenir un paquet de cartes correctement.
En magie, et donc en cartomagie, on essaie toujours de faire un mouvement dissimulant quelque chose de la même manière qu’un mouvement naturel. Il est donc préférable d’apprendre le plus tôt possible les bonnes positions pour chaque mouvement. Si vous devez changer la manière dont vous tenez le paquet à chaque fois que vous faites un mouvement « magique », ils seront d’autant plus faciles à repérer par le spectateur ; sans même parler de fluidité, ni de rythme, deux autres éléments cruciaux, maîtriser la tenue du paquet est la première étape. (on parle de tenue ou de position, j’ai choisi d’utiliser le terme position, mais de nombreux ouvrages parlent de « tenue de la donne » ou « tenue de la coupe » plutôt que de « position de la donne »)

Position de la donne :  (Mechanics grip / Dealer grip )

position de la donne en main gauche (droitier)

position de la donne en main gauche (droitier)

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Vocabulaire : un paquet de cartes, deux mains.

Sujet du jour : La main !

Deux mains et un paquet de cartes sont vos outils, j’ai déjà parlé des cartes ici, c’est maintenant le tour des mains.

La première étape à maîtriser avant d’apprendre à réaliser toute sorte de mouvements plus ou moins compliqués avec un paquet de cartes (des mélanges basiques aux fioritures (ou flourish) les plus extrêmes) est d’apprendre à tenir correctement un paquet de cartes. Un manipulateur de cartes expérimenté ne tient pas ses cartes de la même manière qu’un joueur occasionnel, de nombreux exemples et explications disponibles sur internet sont fausses mauvaises, incomplètes et/ou inadaptées aux débutants. Dai Vernon le professeur, citant Slydini disait : « un paquet de cartes est comme une fleur, on n’écrase pas une fleur, on la manipule délicatement, d’une main légère« . (citation approximative mais le sens est là). Avant d’écrire l’article sur les positions, je me suis dit qu’un précis de vocabulaire sur la main pouvait être utile.

Pour être certain de bien se comprendre lors des explications suivantes, voici le vocabulaire de la main que je vais utiliser :

Mains

Vocabulaire de la main

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Type de cartes, matériaux, finitions, durabilité, marques & fabricants…

Aujourd’hui j’ai envie de parler de la fabrication de cartes. Enfin, oui et non, je ne vais pas détailler la fabrication d’un paquet de cartes, je ne suis pas imprimeur, mais parler des différents types de paquets de cartes et de leur propriétés, de leurs avantages et inconvénients et des marques et fabricants. Cet article fait directement suite à l’article de vocabulaire « géographie d’une carte » .

Il faut noter qu’il ne reste plus beaucoup de fabricants de cartes d’envergure mondiale, même s’il existe encore beaucoup de « petits » fabricants nationaux dans de nombreux pays. La plupart des gros fabricants ont été rachetés par le leader mondial, l’américain US playing Card compagny (USPCC 35% du marché mondial). Certains fabricants ont eu (ou ont encore) une bonne réputation, on peut noter par exemple le Belge Cartamundi le français France-carte (avec les marques Grimaud, Ducale, Héron, Dusserre), l’espagnol Fournier qui fait maintenant partie du groupe américain, ou encore l’autrichien Piatnik , l’italien Modiano , Copag réputé pour ses cartes 100% plastic lavable,  d’autres font maintenant partie de l’histoire comme l’allemand DonDorf et sont recherchés par les collectionneurs.

rococo-dondorf

Rococo Don Dorf

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Vocabulaire : géographie d’une carte

Et non carte de géographie.

Les cartes d’un jeu standard se distinguent par leur valeur — un (ou as) à dix — ou leur figureRoi, Dame, Valet — et par leur enseigne ou couleur. Ces « couleurs », au nombre de 4, varient suivant les usages, notamment nationaux ou régionaux. (Pique Cœur Carreau Trèfle)

wikipédia

Une carte possède une face, un dos et une tranche. On appelle face de la carte le coté où est imprimée la valeur ou figure (ou honneur), tandis que le dos (autrefois blanc, puis espace publicitaire) est décoré d’un motif plus ou moins abstrait sur la plupart des jeux actuels. Par extension, on appelle face d’un paquet le coté où la face d’une carte est visible, et dos du paquet le coté où le dos est visible. La face du paquet est dans la plupart des situations tournée vers le bas.

Il y a deux grandes catégories de dos de carte qui ont leur importance en magie. Les dos avec bordures et les dos sans bordure. Chaque type ayant ses avantages et ses inconvénients. Il est par exemple très facile de repérer une carte retournée dans un paquet de cartes aux dos sans bordure, alors qu’elle est invisible dans un paquet avec bordure. La plupart des manipulations de « triche » sont moins visibles ou plus difficilement identifiables avec des cartes sans bordure, et plus particulièrement les dos composés de motifs géométriques répétitifs. (Comme par exemples les Bee) À l’inverse, de nombreuses manipulations de cartomagie requièrent de dissimuler une carte retournée au milieu d’autres cartes, dans ce cas un jeu de cartes avec bordure est bien plus pratique.

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Tally ho Circle back, Bicycle Riders back blue, Kem Blue
Bee red , Bicycle Riders back red, Bicycle Vintage Red

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Exemples de dos de cartes asymétriques : bicycle league back blue et red

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Vocabulaire : Introduction

La cartomagie (ne pas confondre avec cartomancie, ici on ne prédit pas le futur, on le contrôle) possède un jargon qu’elle partage avec les arnaqueurs et autres tricheurs professionnels, les deux « professions  » ayant tendance à être portées sur le secret, elles utilisent donc un vocabulaire particulier. (Pas pour les mêmes raisons, un illusionniste fait croire qu’il risque sa vie, un tricheur faire croire qu’il ne la risque pas.) Plusieurs mots n’ont pas vraiment d’équivalent français, mais je vais tout de même les traduire par souci de simplicité. Je risque parfois d’utiliser les termes anglais dans les vidéos, j’ai appris en anglais, et même si mon objectif est de rendre le tout le plus simple et le plus francophone possible, il est difficile d’oublier ses acquis.

Une connaissance basique du vocabulaire employé est indispensable à la compréhension des articles qui suivront.
La catégorie « vocabulaire  » des articles s’enrichira quand j’aborderai des concepts plus avancés.
Le nom de certaines techniques étant lié à leur créateur ou à la personne qui les a fait connaitre, certains ne sont pas traduisibles, ils seront donc simplement expliqués.

On parle par exemple de Blind Shuffle ou Blind Cut, littéralement Mélange ou Coupe aveugle  pour désigner une Fausse coupe ou un Faux mélange, c’est-à-dire une succession de mouvements qui donnent l’impression que l’on a mélangé ou coupé le paquet de cartes alors qu’il est resté exactement dans le même ordre.

Ceci n’est pas un blog.

La toile du web est par nature internationale, de trop nombreuses informations sont accessibles uniquement à ceux qui parlent la langue des grands Bretons (usuellement nommé Anglais). J’aurais pu écrire en anglais, et potentiellement être lu par un public beaucoup plus vaste, mais c’est exactement l’inverse qui m’intéresse : écrire en français pour des francophones. De quoi vais-je parler ici ?

J’ai décidé de perfectionner mes compétences « magiques « , manipulations de cartes principalement (même si j’ai bien l’intention de jeter un œil curieux vers les autres domaines de la magie et de l’illusion) . Comme pour de nombreux domaines, cela requiert du temps, de la pratique, un accès à des informations rarement disponibles en français, de la pratique (je l’ai déjà dit ?) ou des moyens considérables, vu les prix exorbitants des livres de magie en français  et de la passion pour porter des fruits. (l’humour idiot n’est pas en option)

Je vais donc commenter mon (ré)apprentissage, et expliquer en français les bases, le vocabulaire, les notions indispensables à la pratique de la magie. Les articles contiendront aussi des conseils pratiques, des routines et toutes sortes d’informations se rattachant à l’univers de la manipulation de cartes.  Il m’arrivera certainement de parler de poker ou d’autres jeux de cartes (ou pas) ,  d’autres domaines de la magie, voire, à l’occasion, de whisky…

Mes articles seront accompagnés de photos et de vidéos où vous pourrez admirer mes mains (et des cartes), toujours avec des commentaires les plus complets possibles et en français, en commençant par le début, des bases simples, mais indispensables.

Que vous soyez un apprenti magicien, un joueur, un passionné de magie ou même un expert, vous êtes tous les bienvenus, que ce soit pour épater un(e) ami(e), apprendre à manipuler correctement un paquet de cartes pour ne pas être ridicule lors d’une partie de poker entre amis, découvrir  les secrets de la magie, ou partager votre expertise.

A la mémoire de S.W. Erdnase (pseudonyme de l’auteur de la bible de la manipulation de carte, passée dans le domaine public (en V.O.) et disponible en français)